LA SEMAINE LITTÉRAIRE DE NIKÈ

C’est une expérience qui arrive à beaucoup de couples à plein de femmes, mais qui reste caché. La culpabilité, mais surtout la douleur empêche d’en parler. En tant que femme, quand cela nous arrive on est en état de choc passé cette phase vient alors son lot de questions. Généralement, on a l’impression de se noyer. Les vagues nous entrainent dans un précipice sans fond. Il faut beaucoup de courage, de force et de résilience pour s’en sortir. Si on est en couple soit on en ressort fortifié soit le couple se trouve brisé. Écumes parle d’une fausse couche, la perte d’un enfant qu’on a désiré, qui était attendu. Quand deux personnes s’aiment quoi de plus naturel d’avoir un enfant ensemble? Cependant, la vie nous joue des tours et l’espoir d’être parents peut s’envoler d’un coup sans explications. Au-delà du couple, Écumes parle de la souffrance d’une femme qui a perdu son bébé, mais aussi de tout le processus de reconstruction. C’est un livre sur la résilience, le lâcher-prise et surtout le courage de recommencer.

Comment faire le deuil de cet enfant qui aurait dû naître ? Comment surmonter cette épreuve ? Comment se reconstruire ? C’est l’histoire d’un retour à la vie après le traumatisme de la perte d’un enfant à venir. Tout le processus de deuil est abordé de façon pudique et humaine, douceur, bonheur et douleur se côtoient dans une intensité incroyable. Un retour à la vie normale est-il possible? Oui !!! Mais cela ne se fera pas paisiblement. C’est un long fleuve rempli d’embûches. Fondamentalement, ce livre montre qu’une fausse couche n’est pas banale comme pensent les médecins et souvent l’entourage de la femme. Perdre un enfant est une expérience douloureuse surtout lorsque ce dernier fut désiré et attendu. L’autrice s’est inspirée de sa propre expérience tout en gardant une certaine distance.

Elle laisse la place aux non-dits lourds de sens et aux silences et montre avec justesse et profondeur les émotions et ressentis de cette jeune femme meurtrie. Un témoignage intime et fort. Graphiquement, Carole Maurel s’adapte intelligemment à ce scénario : des planches pleines de couleurs et de vie, l’on passe au noir et blanc dans la période de deuil. Puis, peu à peu, quelques touches de couleurs apparaissent pour, finalement, revenir à la couleur. Un procédé qui illustre parfaitement les phases par lesquelles la jeune femme passe. Le trait est fin, les cadrages variés et la mise en image pudique. À lire et partager.

À jeudi prochain!
Ingrid Chabbert,
Carole Maurel,
Ècumes, Editions
Steinkis