LES CENDRES BRÛLANTES

Cette audience à la Cour constitutionnelle ne pouvait pas passer inaperçue. Le président Joseph Djogbenou à reçu mardi 11 mai, le roi Adandozan. Ne paniquez pas. Ce n’est pas le grand Adandozan historique dont la seule évocation du nom donne la chair de poule. Non ce n’est pas le Dada Gbololomèton dont le règne, jugé scandaleux, fut interrompu par une révolution de palais conduite par son jeune frère Gakpé devenu Guézo en 1818. Ce n’est pas lui. Mais c’est tout comme. Puisque l’hôte de Joseph Djogbenou, Dah Adandozan Ayadokoun, se déclare occupant depuis trois ans du trône de Dada Gbololomèton laissé vite pour cause de bannissement depuis plus de deux siècles. La doléance présentée au président de la Cour constitutionnelle est relative à la reconstruction du palais du souverain déchu. Une réhabilitation en somme. Rien moins que ça !

De quoi faire réécrire tous nos manuels d’histoire et même faire repasser le certificat d’études primaires à plusieurs générations de Béninois qui l’avaient décroché brillamment en décrivant comment le « tyran » Adandozan éventrait pour son bon plaisir et par une curiosité farfelue, une femme enceinte après un pari sur le sexe du futur bébé.

Et quand le principe de cette révision sera obtenu, il faudra alors logiquement faire le procès de son putschiste de successeur, le roi Guézo. De quoi donner également des envies de révision et de réhabilitation aux descendants de la reine Tassi Hangbé. On trouvera difficilement mieux comme programme incendiaire ! Abomey aujourd’hui, c’est comme la Palestine. Chaque motte de terre, chaque patronyme est potentiellement chargé d’explosif à l’attention de tout réformateur, amoureux de feux d’artifices géants.