QUAND MACRON S’OFFRE UNE BAFFE DE FOULE

Le bain de foule est un exercice politique quasi obligatoire pour tout homme d’Etat dans une démocratie digne du nom. Dans les pays de liberté, les Etats de Droit où le pouvoir se mérite à la force de la conviction et de la séduction, le serrage de mains à tout va, de gré ou de force, a ses vertus et ses vices, ses risques et ses périls, mesurés, calculés, maitrisés et parfois fatals.

En déplacement en province Mardi, le président français a essuyé une claque de la part d’un extrémiste prétendument partisan de la royauté et opposé au pouvoir républicain qu’incarne Emmanuel MACRON. Au-delà de la violence symbolique et physique du geste, ainsi que de ses ressorts politiques et surtout psychiques, le président français a réussi à surmonter physiquement et psychologiquement, de façon quasi instantanée l’incident, pour poursuivre son bain de foule, réconforté par le public vexé. Mais cette actualité évoque des cas plus graves dont certains on fini tragiquement, en France comme ailleurs dans le monde occidental, car sous les tropiques, cela est inimaginable.

Parfois plus de peur que de mal, mais Dieu merci !
Le 14 Juillet 2002, c’est en plein défilé du 14 Juillet sur les champs Elysées, qu’un jeune homme de 25 ans, militant d’extrême droite, du nom de Maxime Brunerie se glisse dans les badauds avec un fusil long rifle et vise Jacques Chirac dans son véhicule de commandement militaire. Il tire mais rate sa cible, puis est aussitôt maitrisé par la foule. Le président français qui a banalisé l’affaire au plan politique et judiciaire pour n’avoir rien constaté pendant l’incident, confessera plus tard avoir entendu « un bruit de pétard ».

Avant lui, le Général de Gaulle a subi cinq tentatives d’atteinte à sa vie, dont la plus connue est l’attentat du Petit-Clamart qui a failli coûter la vie au géant aux larges oreilles. Quelques semaines après la fin de la guerre d'Algérie, le 22 août 1962, un commando d'opposants à l'indépendance de l'Algérie, emmené par le lieutenant-colonel Bastien-Thiry, ouvre le feu sur la DS présidentielle au Petit-Clamart, à proximité de l'aéroport de Villacoublay (Yvelines). L’auteur de l’attentat fut condamné à mort et fusillé le 11 mars 1963 au Fort d’Ivry.

Autre tableau Le 13 mai 1981, soit moins de 3 ans après son accession à la papauté le 16 Octobre 1978, Jean-paul II fut victime d’une tentative d’assassinat sur la Place Saint-Pierre au Vatican. Le souverain pontife est touché plusieurs fois et perd abondamment du sang avant d’être hospitalisé. L’auteur, Mehmet Ali Agça, un militant turc d’Extrême droite, est condamné à la prison à perpétuité. Le pape lui rendra visite plus tard dans sa cellule. Après 29 ans de prison en Italie puis en Turquie où il fut transféré notamment pour un précédent crime, Mehmet Agça, converti entre temps au catholicisme, fut définitivement libéré en janvier 2010 à l’âge de 52 ans.

Quelques semaines avant Jean-Paul 2, le Quarantième président des Etats-Unis, le président-acteur Ronald Reagan est visé pas une tentative d’assassinat le 30 mars 1981, soit à peine Soixante-neuf jours après sa prise de fonction, après avoir prononcé un discours à l’hôtel Hilton de Washington. Et ce n’était pas du cinéma. Six balles tirées dont 4 font des blessés. Le malheureux Porte-parole de la Maison Blanche, James BRADY meurt de ses blessures 33 ans plus tard, en 2014. Victime d’une perforation du poumon et d’hémorragies internes, le président Reagan lui a eu la chance d’être rapidement pris en charge et de vite récupérer médicalement. Le tireur est considéré comme souffrant de troubles mentaux . En France, les Présidents Hollande fut enfariné en 2014 pendant le mouvement d’opposition au Mariage Gay, tandis que Nicolas Sarkozy en 2011 fut saisi par la veste et tiré brièvement par un inconnu lors d’un déplacement en province.

Quelques célèbres cas tragiques
Lointain prédécesseur d’Emmanuel Macron, le Président Paul DOUMER fut assassiné le 7 mai 1932 en plein Paris, dans le chic 8e arrondissement, précisément à l’hôtel Salomon de Rotschild où il s’était rendu pour inaugurer un salon du livre. En pleine conversation avec un écrivain, il reçoit deux balles de pistolet d’un tireur soviétique. Condamné à mort, il est guillotiné en public le 14 septembre 1932. Comment ne pas évoquer le cas de John Kennedy, assassiné à bord d’un véhicule décapotable à Dallas le 22 Novembre 1963, à l’age de 46 ans, alors qu’il était en pleine campagne pour sa réélection. Le coupable Lee Harvey Oswald, fut à son tour assassiné 2 jours après son arrestation par un certain Jack Ruby, propriétaire d’une boite de nuit à Dallas.

Quelques années plus tard, Robert Francis Kennedy, alias Bob Kennedy, frère cadet du 35e Président des Etats Unis, fut également assassiné LE à6 Juin 1968 à Los Angeles, alors qu’il était favori pour l’investiture du Parti Démocrate à l’élection présidentielle américaine.

En Asie comme en Afrique ce genre de drame politique semble inimaginable ; tant les régimes sont autoritaires, les Chefs d’Etat sur-protégés et surtout physiquement distants de leurs peuples. De mémoire de journaliste le seul cas historiquement retentissant d’un drame politique survenu en Afrique lors d’un événement populaire a été l’assassinat en direct à la télévision le 06 Octobre 1981 du Président Egyptien Anouar EL-Sadate lors d’un défilé militaire.

Vianney ASSANI