Le Dit Trop de Vianney

PARUTION 176
GESTION DU FOOT EN AFRIQUE : BRAVO ETO'O ! ET APRES ?

Samuel ETOO a fait fort. Il a réussi l’exploit de prendre la tête de la Fecafoot ce 11 Décembre 2021. Contre vents et marées.

EN Afrique, Il y a eu seulement Kalusha Bwalya en Zambie en 2008. Il a d’ailleurs gagné la CAN 2012 comme président de Fédération. Quelques figures de l’Europe de l’Est aussi. Mais dans le monde francophone, depuis Michel Platini, c’est la première fois qu’une ancienne gloire du football réussit ce challenge. L’ancien meneur de jeu tricolore avait d’ailleurs réalisé l’exceptionnel défi de prendre la tête de la puissante Union des Associations Européennes de Football (UEFA) sans avoir dirigé au préalable la fédération française. 
C’est dire le mérite du triple Ballon d’or (1983 à 1985) élu trois fois (2007, 2011 et 2015) à la tête de cette confédération, lorsqu’on sait la difficulté quasi insurmontable pour les sportifs à prendre d’assaut les organes de gouvernance de leurs sports. D’ailleurs, l’ancien milieu offensif de l’AS Nancy (1972-1979), de Saint-Etienne (1979-1982) et de la Juventus (1982-1987) a fini par une terrible désillusion. Dès qu’il s’était lancé dans la course à la présidence de la FIFA, cette forme de Super-Etat fédéral du monde du football, il n’a pu aller au bout de son troisième mandat. 
Dès octobre 2015, soit six mois après sa réélection, la Commission d’Ethique de la Fifa le suspend de ses fonctions de président de l’UEFA pour 90 jours, avant de le condamner ensuite à s’éloigner pour huit ans de toute activité liée au football. 
Dans cette affaire de perception présumée « déloyale » d’une somme de près de deux millions d’Euros par l’ancien sélectionneur de l’Equipe de France (1988-1992) la Commission d’Ethique de la Fifa a d’ailleurs requis à un moment donné une radiation à vie de l’illustre footballeur et dirigeant sportif français.
Inutile d’aller plus loin pour étayer combien il est ardu pour les légendes du football de prendre ensuite la direction de leurs fédérations ou confédérations. Leur droit à la reconversion se limite au métier d’entraîneur, de directeur sportif, d’agent de joueurs ou de consultant dans les médias. Même des responsabilités de Président de Club leurs sont pratiquement inaccessibles  en raison d’un a priori d’incompétence. Mais la vérité est ailleurs.
Il est vrai que la personnalité et le parcours des joueurs n’en font pas forcément des managers. Mais ils peuvent apprendre. Le fondement de cette espèce de discrimination réside dans le fait que traditionnellement, les  dirigeants sportifs sont des personnalités du monde des affaires. Généralement fondateurs ou présidents de Clubs ils font avant tout du football un business comme tout autre. Les joueurs sont donc à la fois leurs protégés et leurs poules aux d’or. 
Qualifiés souvent de « Mafia » tiennent les rênes des Fédérations nationales et des confédérations. SI la corruption semble partout dans les instances du foot, en Afrique spécifiquement, au fur et à mesure des années, la qualité de la gouvernance s’est sérieusement dégradée.

On ne parle que de gabegie et d’incompétences avec des fâcheuses conséquences sur l’organisation des sélections et donc les rendements des joueurs lors des compétions internationales. Pour avoir souffert de ces tares en tant que joueur et capitaine des Lions Indomptables, l’ancienne star du Barça a décidé de se lancer dans la conquête  de la présidence de la Fecafoot. Malgré les obstacles et les pièges à l’africaine où on n’a rien à cirer du meilleur candidat, il a réussi brillamment son challenge. Grâce à un mélange de charisme et d’autorité naturelle. Pourtant on ne l’a même pas vu venir longtemps avant.
Engagé dans cette même course depuis bien plus longtemps, l’ivoirien Didier Drogba semble peiner à s’imposer. Il est considéré comme hautain, avare et peu chaleureux.  Samuel Etoo a réussi son coup. Il y aura peut-être d’autres cas en Afrique, voire ailleurs. Mais Il n’est point sûr que son exemple fera très vite une traînée de poudre. Les « affairistes » n’ont certainement pas dit leurs derniers mots. Jusqu’à quand ?

PARUTION 175
Richard BONI : la difficile gloire

*EDITO*
*Richard BONI : la difficile gloire*
Lorsqu’on est habité par son pays d’origine, vivre à l’Etranger n’est jamais une satisfaction complète. C’est toujours d’une certaine façon un exil, volontaire ou subi. On a beau  avoir une certaine réussite sociale, un réel épanouissement matériel et une profonde satisfaction dans les plaisirs essentiels de la vie quotidienne, on demeure sous la coupe  d’une certaine frustration. De la même manière que les délaissés de l’aisance nationale aspirent à un mieux-vivre ailleurs et rêvent d’horizons lointains, le citoyen de la diaspora a beau être reconnu dans son monde et bénéficier du respect des siens lors de ses séjours au pays natal, il lui manque ce supplément d’âme, cette envie indicible d’être utile à sa terre d’origine. 
Si en plus il est dévoré par une ambition,  son déchirement  ne peut être que total. Voire pathétique s’il  a du mal à se frayer une voie dans la jungle de la reconnaissance politique. Dans cette quête, le citoyen de la diaspora peut en arriver à perdre toute lucidité, toute pertinence dans son action et sa communication, surtout s’il lui manque le talent, l’excellence.
C’est ce qui semble se dégager de la posture d’un certain  Richard Boni OUOROU, installé au Canada sans doute depuis nombre de printemps et qui, depuis quelques mois, s’échine à chercher une bénédiction publique dans son cher Bénin.  Un jour il pratique la danse du ventre vis-à-vis du régime de la rupture et le lendemain il lui jette des pierres.  Au point de perdre toute crédibilité et même de faire l’objet d’un lynchage médiatique  par le tonitruant député « Gbadass »  de la 8è circonscription électorale, professeur autoproclamé « agrégé de science politique appliquée » qui conteste au « bénino-canadien » le titre de « politologue » dont il s’affuble.  
Les prémices de la présence de Richard Boni OUOROU sur la toile datent de la pré-campagne de l’élection présidentielle de 2016, ou quasiment deux ans avant l’échéance fatidique il s’était fait remarqué comme l’un des « klébés » en chef du candidat Robert GBIAN, actuel Premier Vice-président de l’Assemblée nationale et un des barons du Bloc Républicain. A l’époque, beaucoup d’observateurs avertis, dont l’auteur de ces lignes, c’étaient demander non sans quelque  vacherie, si l’officier Général, longtemps Directeur des Services de l’intendance de l’Armée puis Directeur du Cabinet militaire du Président Boni YAYI, n’avait pas pu trouver meilleur porte-voix  pour sa campagne de communication sur les réseaux sociaux.
Difficile de revenir sur tout le parcours numérique de notre compatriote au cours des cinq dernières années. Avant les récents épisodes liés à l’historique rencontre du 22 Septembre entre Patrice TALON et son prédécesseur Boni YAYI, on se souviendra juste d’une furieuse algarade entre un autre béninois de la diaspora nord américaine et lui. Dans leurs échanges par connexions interposées, l’ancien ambassadeur du Bénin à Washington Omar AROUNA fut traité de « coiffeur »  tandis qu’il nous faisait savoir que ce compatriote du Canada ne serait qu’un « surveillant de jardin d’enfants ». De part et d’autre, on perçoit la recherche d’une reconnaissance nationale, avec plus ou moins de lucidité, mais surtout une certaine douleur de l’exil, volontaire ou involontaire.
Depuis quelques semaines, c’est donc au travers de ses volte-face relatives au régime de la Rupture que le soi-disant politologue du Canada s’illustre. L’activiste fut en effet l’un des premiers à souhaiter et prôné ouvertement la nécessité d’une main tendue et d’une rencontre entre les  Présidents Talon et Yayi. Richard Boni OUOROU s’offusque donc de n’avoir pas été cité en septembre dernier parmi les « facilitateurs » de cette rencontre. 
Certaines sources disent qu’il aurait effectivement joué un rôle. On ne sait pas lequel. Mais on peut parier sur le fait qu’hier, aujourd’hui comme demain, le Président de la République et son prédécesseur n’ont pas besoin de l’intercession d’un illustre inconnu pour se rencontrer. Mais il faut reconnaitre à cet homme une vraie passion pour son pays natal. De son « exil » canadien il lui manque juste un certain savoir-faire pour en tirer le meilleur accomplissement possible.

PARUTION 174
De la LEPI à la LEI : la fiabilité électorale en question

Voici un sujet qui fait couler beaucoup d’enVucre dans le landernau politique béninois. D’un impact capital pour la conquête du pouvoir, la liste électorale fait l’objet de toutes les attentions et de tous les fantasmes. Pour beaucoup, c’est le sésame de l’accès à la gloire politique. Celui qui contrôle l’outil  aurait toutes les chances d’accéder au pouvoir grâce à une éventuelle possibilité de manipulation des données.

Pourtant c’est la promesse du contraire qui est faite  avec la présence des vocables « informatisée » et « permanente ». Une sorte d’assurances tous risques contre la fraude. Mais la confiance entre leaders politiques n’est pas la chose la mieux partagée, surtout en matière de liste électorale.
L’ancien ministre des Relations avec les Institutions Alain ADIHOU, peut en témoigner. Incarcéré le 25 Octobre 2006 pendant  1011 jours, il estime avoir payé pour le fait de s’être vu confié la coordination de la LEPI par le Président KEREKOU, en conseil des ministres, au grand dam de ses rivaux politiques du gouvernement de l’époque 
C’est ce qu’il a expliqué dans son ouvrage « Au nom de mon pays, je pardonne». Alors que le président KEREKOU était en fin de deuxième mandat, ce qui préoccupait ses adversaires c’était moins la gestion financière mise en avant pour le discréditer ensuite que le pouvoir supposé que lui conférait la responsabilité de la gestion de la LEPI. Cela ne pouvait que susciter d’immenses appétits mêlés d’adversité et donc des risques pour la fiabilité. 
La confection d’une liste électorale informatisée et permanente par l’inscription et donc l’enrôlement des personnes en âge de voter à un moment donné.  Cette liste est considérée comme crédible car informatisée. Mais rien n’empêche une manipulation de l’informatique. Du coup le vocable « Permanente » paraît inapproprié d’autant plus que la liste doit être mise à jour à chaque élection en raison de nouvelles personnes en âge de voter. Entre temps il y a aussi des défunts. Du reste, comment ces derniers sont identifiés et éliminés de la liste ? 
En réalité, pour être efficace, cette méthode supposerait une mise à jour régulière de la Liste à chaque élection, à travers les nouvelles entrées, mais aussi les sorties. Sinon c’est la porte ouverte à des risques de manipulation.
En réalité, chez ceux qui ont inventé la démocratie et les élections, après des sicles de péripéties les choses se passent de façon plus simple et plus fiable.
Chaque commune tient à jour un registre d’état civil qui enregistre quotidiennement les naissances et les décès. Dans ces pays, Il n’y a pas de nouveau né qui ne soit pas enregistré ni de décès qui ne soit signalé.
Ainsi à tout moment, et donc 365 jours par an, on sait dans chaque commune le nombre de citoyens installés. Pour avoir la liste électorale, il suffit d’extraire de ce fichier les personnes en vie et ayant au moins 18 ans.  Ainsi chaque jour la liste électorale est actualisée sur la base des personnes qui atteignent l’âge de 18 ans et on en retire les personnes décédées.

Pourquoi cette solution n’est pas mise en œuvre en  Afrique ? Bien sûr on dira  que l’Etat civil n’est ni complet ni fiable dans toutes les communes, surtout dans les milieux ruraux. Il y a de nombreuses naissances qui ne sont pas enregistrées et des décès qui ne sont pas signalés.
Pourquoi cette méthode n’est pas utilisée au moins pour le registre d’état civil existant de sorte à simplement améliorer la liste électorale avec les personnes non enregistrées à l’Etat civil. 
Aujourd’hui il y a un début de généralisation de l’enregistrement des citoyens à l’Etat civil via l’Agence Nationale d’Identification des Personnes. Excellent. On nous apprend d’ailleurs que la nouvelle liste électorale serait extraite de ce registre national de l’Etat civil. Il y aura certainement des balbutiements au début, mais l’espoir est possible  malgré le doute habituel d’une partie de la classe politique.
                                                                                            Vianney ASSANI

PARUTION 173
MISTER DUSSUYER : L’ANTI-SORCIER BLANC



L’homme a l’expérience des équipes africaines, mais point celle des grandes victoires. Au cours d’une carrière de joueur qui s’est déroulée en moins de trois cents matches professionnels, essentiellement sur la côte d’Azur, entre Cannes et Nice, Michel Dussuyer n’a pas soulevé de trophée. 
Mais il eut très vite la lucidité de s’orienter vers un parcours d’entraîneur ! Chose très rare pour un ancien gardien. Sauf à être spécialisé sur les portiers. Ce qui peut être une belle vocation. Exemple : Joël Bats. Célébrissime international français devenu entraîneur des gardiens de l’Olympique Lyonnais pendant près de 20 ans. Au début des années 2000 il a aidé Grégory COUPET et l’OL  a gagné sept fois consécutivement le championnat de France. 
Il faut bien le dire, tout le monde ne peut pas être Raymond Goethals, le coach belge qui remporta la Ligue des Champions avec l’olympique de Marseille en 1993, ni Dino Zoff, Champion d’Europe (1968) et Champion du Monde 1982 avec l’Italie, Il remporta ensuite comme entraîneur la coupe de l’UEFA en 1990 avec la Juventus de Turin. Deux anciens gardiens.
En général, les grands entraîneurs n’ont pas été auparavant ni des attaquants ni des gardiens de but. A quelques exceptions près. Les anciens milieux de terrain (défensifs, relayeurs, ou offensifs) et les anciens défenseurs font plus souvent d’excellents coaches. Ils ont été des joueurs constamment actifs sur le terrain, avec du caractère et une vision  panoramique.
Le dernier exemple emblématique en l’espèce, est celui du ballon d’Or 1998 Zinedine Zidane. Meneur de jeu de génie. Le nec plus ultra du milieu offensif et créatif. En trois années consécutives il a gagné trois fois la ligue des champions avec le Real de Madrid. Un record. En moins de 4 ans sur un banc. Double record. 
Pourtant, dans le cas de l’ancien champion du monde 98 français,  son caractère introverti ne pouvait pas faire penser a priori qu’il réussirait une future carrière d’entraîneur. Tous les défenseurs et meneurs de jeu ne deviennent pas non plus d’excellents entraîneurs. Il lui reste à confirmer son talent de coach. Mais vu son côté timide de l’époque Zidane est pour l’instant une belle surprise, d’autant plus qu’il avait rarement porté le brassard.
Les grands entraîneurs ont souvent aussi été de grands capitaines en club comme en sélection. De bons meneurs d’hommes et des appuis pour les coaches dans le vestiaire. C’était le cas par exemple de Didier Deschamps l’actuel sélectionneur des Bleus.  Capitaine et Champion du Monde en 1998 dans l’axe à côté  de Laurent Blanc qui a démarré aussi une belle carrière d’entraîneur avant de marquer le pas.
Notre Dussuyer national est loin de jouer dans la même division que ces illustres techniciens! Même dans la cour des grands entraîneurs qui ont rayonné en Afrique, il fait figure de joueur de deuxième division. Pourtant il compte parmi ceux qui ont le plus roulé leurs bosses sur le continent. 
Deux fois sélectionneur de la Guinée, de 2002 à 2004 puis de 2010 à 2015, il a souvent eu des longs baux. Dussuyer a été l’adjoint d’Henri Michel auprès des Eléphants de la Côte d’Ivoire en 2006, avant d’être nommé à la tête des Ecureuils du Bénin une première fois de 2008 à 2010 puis depuis 2018. Entre temps il fut sélectionneur principal des Eléphants de 2015 à 2017. L’homme connaît bien le continent et bénéficie régulièrement de la confiance des dirigeants. Mais pour quels résultats. 
Dans sa carrière, Michel Dussuyer a eu une belle et longue relation avec les équipes africaines. A la manière de Claude Leroy, Vahid Halilhodzic ou encore Hervé Renard.  Mais avec beaucoup moins de succès et de charisme.  En 18 années environ à la tête de trois sélections en Afrique, son bilan est maigrelet. Deux quarts de finale de la CAN. Avec la Guinée en 2015 et avec le Bénin en 2019. Aucun trophée.
A l’heure de « l’Azétologie», c’est loin d’être suffisant pour mériter le titre de « Sorcier blanc ».

PARUTION 170
LA JURISPRUDENCE JOLLYANE



Voilà une affaire qui dément l’assertion selon laquelle « tout est bien qui finit bien ». Pour l’instant, l’affaire Jollyane semble se conclure plutôt pas mal au travers du sursis obtenu par son mari violent. Il ne restera donc pas en prison au-delà des 8 semaines environ de détention provisoire qui ont suffi à boucler le dossier. Quelle chance. Mais malgré tout on ne saurait dire que c’était bien.
D’ailleurs, l’enseignant de droit à l’UAC ne pouvait avoir meilleur avocat que cette épouse battue qui a failli l’achever judiciairement et socialement mais qui au final l’a sauvé d’un risque de déchéance. Victime de violences, sa démarche envers des associations était à la base de cette affaire et de l’arrestation du mari. Elle aura encore été celle qui l’a aidé à sortir à bon compte des griffes de la justice : 18 mois de sursis et 500.000 francs cfa d’amende, alors que le parquet avait requis le 14 Septembre dernier cinq ans d’emprisonnement ferme.
En première ligne pour la défense de son homme, dame AGLASSA aura été aussi une excellente experte en communication de crise, avec une parfaite gestion du dossier et du timing aussi bien dans l’opinion publique qu’auprès des acteurs de la justice. 
Pour un dossier potentiellement catastrophique au départ, elle en a fait une histoire d’amour, créant même l’empathie du public et des juges pour son couple.
Pourtant tout est parti d’images insoutenables parues sur les réseaux sociaux début septembre. Des coups de poing et des gifles assenés par un homme adulte à une femme quasi dénudée. Il pouvait s’agir de problèmes internes à un couple mais l’affaire a pris une dimension publique exceptionnelle en raison de la forte émotion suscitée par quelques détails : une gamine pas plus haute que trois pommes essayait de délivrer sa mère de la furie paternelle. Derrière la caméra du téléphone une autre fille, de onze ans environ parait-il, filmait. Une scène difficile à visionner jusqu’au bout. 
Avant cette tournure judiciaire qui finalement s’est bien soldée, les uns fustigeaient le caractère horrible de l’attitude de l’homme. On voyait qu’avec cette vidéo, « l’éducateur » avait creusé sa tombe. 
Pour d’autres, le fait que la scène était filmée devait être un coup monté par la dame pour se venger contre son homme ou le faire chuter. Des plus vicieux s’imaginaient une scène sado-masochiste consentie, puisque le tabassage se déroulait sur un matelas avec une femme à peine couverte d’un pagne ! 
Inutile d’entrer par effraction ou voyeurisme dans la vie d’un couple même si cet enseignant et son épouse ont contribué eux-mêmes à étaler leur intimité sur la place publique.
Après tout, dame Jollyane a nourri des regrets : « C’est un homme aimant et je ne sais vraiment pas ce qui s’est passé jusqu’à ce qu’on en arrive là. Ce n’est pas un problème de la justice, c’est un problème spirituel qui me dérange moi personnellement » a-t-elle soutenu dans ces premières déclarations publiques. Selon les rumeurs elle aurait même été évacuée à plusieurs reprises de la prison où son mari séjournait, parce qu’elle ne voulait pas le quitter après ses visites ;
« Je pensais que les Associations allaient nous faire asseoir et nous parler ; mais ils ont simplement déposé mon mari en prison » soutient-elle encore  sur un autre plateau quelques semaines plus tard en anticipant la difficulté dans laquelle elle se retrouverait avec ses cinq enfants, dont trois  issus d’un précédent mariage, si le professeur devait rester plusieurs années en prison. D’ailleurs, « c’est de sa prison qu’il continue de s’occuper de nous » confie-t-elle encore. La justice l’a écoutée de fort belle manière. Son homme, qu’il le reste pour la vie ou pas, devra lui rendre une fière et éternelle chandelle.
Hommage donc à Jollyane ! Mais aussi un ban pour le juge qui a sauvé ce couple. Cette jurisprudence marquera les annales du droit familial au Bénin sans pour autant être un blanc-seing pour les maris lâchement violents

PARUTION 161
PRISON CIVILE DE CALAVI : GROS SEXE ET GROSSESSES

 

Le régisseur de la prison civile d’Abomey-Calavi a fait les frais de négligence dans la surveillance des personnes au frais. Limogé pour n’avoir pas su protéger la fragilité des femmes pensionnaires de son établissement. D’après les informations révélées par un média en ligne la semaine dernière, ce premier responsable de l’établissement pénitentiaire de la seconde plus grande commune du Bénin, après Cotonou, a été remplacé par le Gardien en Chef qui assure son intérim pour le moment. Une note officielle de l’Agence Pénitentiaire du Bénin ne vient pas encore confirmer le fait et les détails, mais tout est partie d’une multiplicité des grossesses au sein de l’établissement pénitentiaire.  
SI le régisseur limogé n’est pas le présumé auteur des grossesses, il n’en demeure pas moins un responsable indirect des impairs, pour n’avoir pas su prendre les dispositions nécessaires pour empêcher ce trouble à l’ordre carcéral. A supposer qu’il était possible de prendre de telles dispositions. 
Une chose semble acquise, c’est que l’auteur des multiples grossesses, serait un détenu transféré de la prison civile de Cotonou. Incarcéré depuis  17 ans environs pour une peine de 22 ans,  il serait donc un doyen des détenus, un bon connaisseur de la vie carcérale, ce qui lui vaudrait la confiance des responsables des établissements pénitentiaires où il a successivement séjourné.
C’est donc à cet titre que le régisseur de la prison d’Abomey-Calavi a fait de lui le Chef sécurité interne des prisonniers. Mais ce pouvoir de contrôle qui lui est accordé sur ses autres codétenus s’est visiblement transformé en un droit de cuissage sur les femmes détenues. 
L’homme en aurait usé et abusé. Goulument et à satiété. Ainsi, en quelques mois, trois grossesses sont constatées. C’est en effet, après une première grossesse qu’une enquête a été ouverte, et un test de grossesse ordonné à l’endroit de toutes les autres détenues, ce qui a permis de découvrir la réalité qui se dessinait au sein de l’établissement. Les déclarations des dames ont permis de comprendre l’auteur de ces prouesses illégitimes.
C’est ainsi qu’on a pu apprendre, que ce chef Sécurité interne des prisonniers avait déjà commis un tel forfait à la prison civile de Cotonou où il avait séjourné auparavant. 
Tandis que l’enquête se poursuit, cette actualité pose au grand jour aussi le problème de la sexualité des personnes en détention. Il est vrai que dès lors qu’on perd sa liberté d’aller et venir, on n’a plus droit à grand-chose des plaisirs élémentaires de la vie. La sexualité devient un besoin difficile à assouvir, encore plus que la soif d’une bière, ou l’envie d’une cigarette pour ceux qui fument.
SI d’ailleurs   ces moments rudes de la vie, donnent l’occasion à certains alcooliques, ou à des fumeurs impénitents, de devoir rompre, de gré ou de force avec leurs vices habituels, il n’en n’est pas de même pour la sexualité qui est un besoin autrement plus naturel. C’est un besoin dont il est difficile de se priver, un mal dont il n’est pas possible de guérir. 
D’après la plupart des études en la matière, de façon universelle, une personne incarcérée, c’est d’abord une sexualité incarcérée. 
Les jonglages possibles, comme des copulations rapides de quelques secondes, à l’ombre d’un parloir, pendant une visite, lorsqu’un moment de répit de la surveillance intervient sont à la fois des réalités mais des scènes exceptionnelles et quasiment fantasmées. 
Il est vrai qu’on a souvent entendu parler des cas d’avocates qui s’amourachent s’envoient en l’air avec leurs truands de client pendant les échanges au parloir.  
Mais la gaieté de la sexualité n’est pas dans les réalités de la prison. Alors, les consolations homosexuelles, ou les refuges masturbatoires n’étant pas le lot du commun des mortels, restent les stratégies ou astuces plus ou moins habiles, mais toujours non règlementaires que les uns et les autres peuvent orchestrer avec la complicité plus ou bienveillante de la hiérarchie pénitentiaire pour assouvir tant bien que mal ce besoin naturel à la fois animal et humain, à la fois rude et sensible.

PARUTION 160
COVID 19 : L’INFODEMIE APRES LA PANDEMIE

 

 

Avant l’apparition il y a bientôt deux ans du Coronavirus, avec ses ravages tout au long de l’année 2020, on pouvait penser presque avec arrogance que la médecine occidentale était invincible, infaillible, capable de tout soigner. Une médecine qui a réussi à dompter le cancer et à rallonger l’espérance de vie de personnes pourtant déjà condamnées y compris pour la fragilité de leur cœur, du foie, du rein et donc des organes vitaux ne pouvait a priori plus rien avoir d’insurmontable.

Et pourtant c’est un petit virus inattendu, aux contours flous et aux origines sombres, sorti de la ville chinoise de Wuhan, ou de ses laboratoires, qui a mis à mal la médecine mondiale. La toute puissance de la recherche scientifique s’est révélée tout d’un coup inefficace, comme balbutiante, troublée par un épiphénomène dont le Président français Emmanuel MACRON a indiqué en Mars 2020 qu’il s’agissait d’une « guerre ».

Une fois la question de l’origine chinoise du virus réglée,  la première grande polémique fut celle du traitement. C’est ici que le fameux professeur Didier RAOULT de Marseille entre en jeu et devient le plus célèbre médecin de ces deux dernières années, avec sa formule Hydroxycloroquine plus Azythromycine. On ne sait trop quelles sont ses accointances avec les asiatiques mais il semblerait bien que cette formule ait été utilisée efficacement au préalable par les Chinois eux-mêmes.

Le traitement du Professeur Marseillais était donc en béton armé, mais personne ne voulait l’admettre. La guerre communicationnelle autour de cette pandémie démarrait ainsi. Les intérêts stratégiques des Laboratoires pharmaceutiques, leur lobbying respectifs étaient devenus finalement les vrais enjeux de cette pandémie, au détriment de la santé publique.

Puis vint la problématique du vaccin. Pour beaucoup c’était la solution finale pour mettre fin à la pandémie. Après plus de deux cents millions de cas dans le monde et plus de 4 millions de décès. Mais comment pourrait-on créer un vaccin en quelques mois sans avoir un vrai recul sur la maladie ?

Pourtant c’est le défi apparent que plusieurs laboratoires ont essayé de relever depuis plusieurs mois maintenant. Plusieurs vaccins sont disponibles. Mais voilà que le monde est encore pus divisé que jamais en deux catégories. Les pro vaccins et les anti vaccins. Au point où une blaque a circulé ces derniers jours sur les réseaux sociaux : le monde est divisé en deux catégories ; les vaccinés qui attendent la mort des non vaccinés, et les non vaccinés qui attendent la mort des vaccinés.

Le pire dans cette situation désormais, c’est la guerre communicationnelle qui se mène avec acharnement par ceux qui semblent avoir intérêt à ce que la vaccination ne prospère pas. Il est terrifiant de voir à quel point les réseaux sociaux sont inondés de messages de toutes sortes appelant à la résistance contre la vaccination, avec des contenus dissuasifs mais aux fondements très approximatifs. On sait désormais qu’il y a des spécialistes du fake news dont le seul plaisir est de tromper. Ils ont une espèce de jouissance sordide à induire en erreur, ne serait-ce que momentanément des quantités de lecteurs. Puisque de toute façon les fake news finissent toujours par être démenties par la vérité des faits.

Sur cette infodémie qui prend désormais le relais de la pandémie, même si on pourrait estimer que de gros enjeux financiers se cachent derrière la campagne mondiale de vaccination tous azimuts, on a du mal à comprendre quel serait l’intérêt de ceux qui attaquent la démarche et les campagnes de sensibilisation à la vaccination avec des arguments souvent aussi farfelus les uns que les autres. Il paraît de plus en plus en clair qu’avec la floraison des réseaux sociaux et la facilité à la prise de parole que cela octroie à tout le monde y compris aux plus crétins des mortels, le plaisir de tromper devient monnaie courante.  Les plateformes des Réseaux sociaux et les Etats ont du pain sur la planche pour nous épargner de ces vices des temps modernes.

PARUTION 159
Roger GBEGNONVI : Réformé par ses (hors) pairs !

Point n’est besoin d’être un pourfendeur des réformes pour s’effaroucher de la sortie de Roger GBEGNONVI. Chroniqueur prolifique, d’aucuns estiment qu’il met sa posture d’intellectuel au service de ses propres objectifs politiques. Les partisans sincères des changements pourraient en vouloir à l’ancien enseignant de l’Université d’Abomey-Calavi d’avoir desservi leur cause en faisant une erreur grossière à propos de l’agrégation. Ce mépris est venu discréditer l’ensemble de ses observations sur la problématique des réformes universitaires. C’est sans doute ce qui survient quand on veut se prévaloir d’une rigueur intellectuelle tout en étant sensible au regard du pouvoir politique. C’est pire que d’être un « professionnel » reconnu du changement de costards.

Faire de la politique active un engagement clair et connu de tous, en étant un universitaire réputé à l’instar d’un Mathurin NAGO ou d’un François ABIOLA est différent de se construire une image et une posture d’intellectuel libre et indépendant mais de se réfugier sous ce manteau pour rechercher régulièrement la bienveillance voire la récompense du pouvoir politique. Dans un cas il s’agit finalement d’une clé de la vie politique, admise et perçue avec recul. Dans l’autre cela peut friser de la manipulation. Pourtant, le manque de sincérité se paye toujours. Car, à jouer à ce jeu, de l’époque de la toute-puissance des Soglo à ce jour, on finit par se prendre les pieds dans le tapis de la vérité scientifique. Ancien ministre de l’alphabétisation du Président YAYI qui a fini par lui accorder ce strapontin, l’ancien représentant résident de la Fondation Friedrich Neuman, l’a défendu bec et ongle avant et surtout pendant son passage au gouvernement, puis l’a pourfendu de façon véhémente dès qu’il a été remercié. D’un côté, Il serait difficile de prétendre que le harcèlement sexuel et même une certaine corruption ne sont pas une réalité dans notre université.

Avec bien d’autres maux. Mais de l’autre, pour remettre en cause l’objectivité du Conseil scientifique de l’UAC, voici ce que le linguiste prétend au sujet de l’agrégation : « Peut-être qu’il y a aujourd’hui des agrégés d’histoire à l’Université d’Abomey-Calavi, mais le seul agrégé d’histoire que moi j’ai connu n’a jamais été admis à enseigner dans notre université alors qu’il a enseigné à l’Université de Reims en France où il a fait son agrégation. Mais justement parce qu’il était agrégé d’histoire et que personne dans cette université n’avait une agrégation. Un doctorat c’est vite fait. (…) La science ce n’est pas du clientélisme mais c’est de la concurrence ». Drôle d’erreur probablement doublée d’une contre-vérité. L’Agrégé d’histoire dont il parle a enseigné peut-être à l’université en France, mais il est absolument impossible que ce soit au titre exclusif de son diplôme d’agrégation d’histoire qui en réalité correspond à un « Super » Certificat d’Aptitude à la Profession d’Enseignement du Secondaire (collèges et lycées). Il est délivré exclusivement dans les matières qui font l’objet d’un enseignement à ce niveau de l’Education nationale. Exemple : histoire, lettres modernes, philosophie, mathématiques, etc.

Dans le cadre d’un cursus d’obtention du doctorat, son titulaire est dispensé de passer le DEA qui correspond actuellement au Master 2. En revanche, dans les trois disciplines « exclusivement » de l’enseignement Supérieur que sont la Médecine, l’Economie et le Droit, l’agrégation est un concours post-doctoral. Plusieurs universitaires de renom qui eux ont fait leurs classes jusqu’au grade de Professeur titulaire des Universités ont tancé vertement Gbégnonvi en le traitant de « vacataire ». A propos de réformes, elles sont également souhaitées et attendues dans le secteur des médias en vue d’aller vers un Ecosystème avec une presse de qualité. L’Etat a une importante partition à jouer dans cette perspective. Si les réformes sont justes elles n’ont pas besoin du service-après vente approximatif de Gbégnonvi pour prospérer. On peut d’ailleurs aussi se demander dans quel arrondissement se situe le Lycée Descartes de Paris dont parle le linguiste. Sinon on connaît Le Lycée Henri IV dans le Quartier Latin (Paris 5è). Mais ça c’est une autre histoire.

PARUTION 158
MESSI A PARIS : UNE REMONTADA A L’ENVERS ?

Le business du sport a ses raisons que la raison ignore. Ce qui peut paraître impossible un jour peut se réaliser quelques temps après. Le monde du football vient de connaître un événement au retentissement planétaire. Lionel Messi, considéré par beaucoup de spécialistes comme le plus grand footballeur de l’histoire, a rompu son bail considéré « emphytéotique » avec le FC Barcelone. Mieux, (ou pis ?) il a signé avec le Paris Saint-Germain, le Tout puissant et riche club de la capitale française, propriété des Qataris depuis une dizaine d’année. Un vrai-faux rival extérieur du club catalan. Déjà durant l’été 2017, l’arrivée de Neymar, en provenance du Barça pour 222 millions d’euros, avait été considérée comme le transfert du siècle.

Un énorme coup réalisé par les propriétaires qataris du PSG. Après Messi et Ronaldo, le prodige brésilien était considéré comme le numéro 3 des plus grands footballeurs en activité au monde. Co-équipier de Messi il était à l’origine de la plus grande humiliation du PSG, lors du Match retour des 8èmes de finale de la Ligue Champions UEFA 2016-2017. Battu 4-0 à l’aller par le Paris Saint-Germain, le FC Barcelone, sort vainqueur de cette double confrontation par un score cumulé de 6-5 grâce à un résultat de 6-1 ce 08 mars 2017. Quelques mois plus tard, l’arrivée de Neymar avait été considérée comme une belle prise par les dirigeants du Qatar Sports Investments (QSI) spécialistes des transferts haut de gamme. Mais au plan sportif et de sa carrière de nombreux observateurs avaient estimé que le génial numéro 10 brésilien avait voulu s’émanciper de la tutelle de Lionel Messi, prendre son destin en main et être le principal Leader d’une équipe compétitive en s’exportant en France. Hélas, si Neymar a pu rendre des services au PSG et rayonner de son éclat sur la Ligue 1, le championnat français, en apportant une certaine plus value à l’image et aux résultats du club de la capitale française, il n’aura jamais été au cours de ces quatre dernières années d’un apport décisif au PSG, L’objectif majeur du club étant de gagner la Ligue des Champions.

Au plan sportif pur, il n’aura pas fait changer de dimension au club. On pouvait même avoir l’impression qu’en dépit d’une relative complicité avec le jeune et prometteur génie français Kilian MBappé, Neymar ne s’est vraiment finalement jamais senti dans son bain footballistique tant qu’il ne jouait pas aux côtés du Roi Messi. Pas étonnant qu’il envisage maintes fois un come-back à Barcelone. Surtout à l’été 2019. Puis intervint la finale de la ligue des Champions en 2020 à Porto contre le Bayern. Neymar prend enfin confiance dans l’avenir du PSG. Au Barça le contrat de Messi arrivera à terme en Juin 2021. Commençait à se dessiner de façon à peine perceptible des possibilités de retrouvailles des deux génies du foot. On peut l’estimer, a posteriori, d’autant plus que dès Mai 2021 le Brésilien signe la prolongation de son contrat au PSG jusqu’en 2025. Mais le 30 Juin 2021, le contrat de Messi n’est pas renouvelé. Le Dimanche 08 Août le numéro les deux parties officialisent la fin de 21 ans de collaboration dont 17 saisons au plus haut niveau.

Le Mardi 10 Août le Roi Messi, 34 ans, atterrit à Paris pour un contrat de deux ans plus une année en option. Les deux génies qui 4 ans plus tôt ont fait le malheur du PSG sont désormais dans cette écurie. Une espèce de Remontada à l’envers, via le marché des transferts. Une opération majeure qui annonce, a priori, d’extraordinaires promesses sportives. Les nombreux adversaires du PSG n’y croient pas. Ils dénoncent le règne de l’argent au détriment des valeurs sportives et du fair-play financier. C’est de bonne guerre. On jugera sans doute les retombées de ce tournant de l’actualité sportive aux résultats dans les mois à venir. Vive la magie du Foot.

PARUTION 157
SUNDAY IGBOHO, le sécessionniste de fortune.

Il n’est point question ici de faire l’apologie de la richesse ni de prêcher l’idée selon laquelle le succès financier serait l’accomplissement total d’une vie. Il pourrait très vite se trouver des contestataires aux accents communistes pour, tout en profitant par le hasard de la vie ou même par leurs propres mérites d’une réussite sociale, nous dire qu’il s’agit simplement de regard matériel. Pourtant il est désormais admis que si l’argent ne fait pas le bonheur, c’est surtout pour ceux qui ne l’ont pas. Inutile donc d’entrer dans des considérations religieuses voire polémiques.

Dans le même livre Saint, où il est écrit : « Je vous le dis encore, il sera plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le Royaume des cieux » (Mathieu 19 :24). Mais aussi, « Que ceux qui prennent plaisir à ma justice chantent et se réjouissent et que sans cesse ils disent : Magnifié soit l’Eternel qui se plaît à la prospérité de serviteur ». Psaumes 35:27. Donc le propos n’est pas là. Il s’agit de lever un coin de voile, sur le profil de ce Nigérian qui séjourne depuis peu dans une prison béninoise alors qu’il est recherché par les autorités de son pays. D’aucuns pourraient penser qu’il s’agit d’un activiste désargenté et paumé qui rechercherait son ultime salut à travers une folie sécessionniste. Loin de là. Sunday Adeniyi ADEYEMEO, alias Sunday IGBOHO, est née le 10 Octobre 1972 à IGBOHO dans l’Etat Yorouba d’OYO.

Nous sommes sur les terres de l’ancien empire d’OYO. A 48, ans il est un puissant magnat des affaires et un même un philanthrope. L’homme dispose de plusieurs sociétés prospères. Pourtant, c’est comme mécanicien réparateur de motos que Sunday a démarré dans la vie et dans la ville de Modakeke à Ife où il a grandi. Puis il déménage à Ibadan et s’investit avec génie dans la vente d’automobiles. Il multiplie les sociétés et progressivement assure des représentations de marques internationales puis diversifie son activité.

En 1997 il se révéle au plan politique en prenant courageusement la défense des siens dans des conflits interethniques notamment entre paysans Yorouba et bergers Peulhs. Une question récurrente en Afrique de l’Ouest et toujours d’actualité. C’est ainsi qu’il est repéré par Lam ADESINA, le Gouverneur d’Oyo à l’époque puis par son successeur Rasheed LADOYA dont il devient un très proche. Au fur et à mesure des années il devient un véritable magnat des affaires. Alors pour le commun des mortels qu’est ce qui peut pousser quelqu’un de prospère à prendre des risques politiques aussi élevés pour sa vie. Le milliardaire philanthrope n’a-t-il pas envie de continuer à jouir tranquillement de sa fortune, profité de sa famille dont une femme allemande et des enfants footballeurs en Allemagne ? C’est d’ailleurs à bord d’un avion de ligne pour Berlin que Sunday IGBOHO a été arrêté par la Police Républicaine béninoise le 19 Juillet. Il avait fui son pays début Juillet, où une descente de la police chez lui a provoqué deux morts et une dizaine d’arrestations.

Ses partisans estiment qu’il ne fait que défendre les droits civils et démocratiques de ses compatriotes, mais le Nigeria l’accuse de stockage d’armes et d’organiser des mouvements pour déstabiliser le pays en prônant l’avènement d’un Etat Yoruba. Difficile de dire quel sort sera le sien dans les mois où les années à venir, alors qu’on se trouve dans une espèce d’imbroglio juridique entre problématique d’extradition et enquête sur un éventuel délit de droit commun au Bénin. Quoi qu’il en soit, lorsque l’on se souvient de la sanglante répression par l’Etat de la tentative de sécession du Biafra à la fin des années 60, initiée par un officier Général, on se demande, en plein 21è siècle, ce qu’un jeune milliardaire civil, qui n’a même pas été boy-scout est allé chercher dans une telle galère, en dépit des pouvoirs mystiques que lui prêtent ses proches des terroirs d’OYO.

PARUTION 156
SPECTACLES AU BENIN : C'EST QUOI LE JUSTE PRIX ?

L’heure est au concours du concert le plus cher. Rarement on aura vu une telle foire aux enchères dans le monde du spectacle au Bénin. Elle est loin l’époque où pour quelques billets, on pouvait se rendre au Palais des sports du Stade de l’Amitié Mathieu KEREKOU pour savourer les prestations de grands noms de la musique africaine. C’était le temps des foules parfois si immenses et d’une organisation bon enfant, voire fragile au point même de virer à la tragédie. Puisse la terre continuer d’être légère aux seize victimes du Samedi 03 Mai 2003 à KOUHOUNOU.

A l’occasion d’un concert du chanteur Koffi OLOMIDE une bousculade avait provoqué ce drame pour lequel l’Etat avait décrété trois jours de deuil national. Mais point n’est question ici de remuer des souvenirs malheureux d’un triste événement dont la star même avoue, à temps et à contretemps, n’être jamais revenu. Il n’a pas non plus foulé de nouveau le sol béninois depuis plus de dix-huit ans. Plus d’une génération. Encore plus lointaine est l’époque mythique des concerts d’Aurlus Mabele, d’Aïcha KONE, de Nayanka BELL, etc. avec le promoteur de légende Dagothy.

En ces années-là (70-80), le Hall des arts et de la culture, qui s’appelait encore le « Hall des Sports », était encore flambant neuf et faisait référence au Bénin voire dans la sous-région. Le Tout Puissant Poly-Rythmo régnait en maître sur la scène nationale, aux côtés du Dadjè Gnonnas Pedro, du flamboyant Danialou SAGBOHAN et du sulfureux Stan TOHON ; Albarika Store était le producteur de référence. Aller à un concert était pour la classe moyenne une question presque banale, et pour les classes populaires ce n’était pas absolument hors portée. Les temps ont changé. Certes, la politique publique actuelle dans le secteur de la culture est marquée par des événements gratuits et visiblement l’ensemble de l’action dans ce secteur est en plein remodelage. On sent que l’Etat souhaite prendre de plus en plus un rôle capital dans l’action culturelle.

Mais la promotion culturelle privée se doit de retrouver un dynamisme et une inventivité. Après une période de léthargie que la crise sanitaire mondiale a rallongée, le secteur commence à revivre. Clopin-clopant. Avec de nouveaux déterminants économiques. Depuis quelques mois, se succèdent des spectacles à cinquante, cent, voire trois cent mille francs la place. Des réservations à un million de francs pour une table d’une poignée de personnes. C’est la course au spectacle le plus cher. Mais le jeu en vaut-il la chandelle ? Selon les spécialistes du secteur, cette flambée des prix des événements musicaux est liée aux nouvelles réalités de la consommation des produits culturels et au rôle du numérique dans les usages des consommateurs. Moins il y a de disques vendus, plus le spectacle vivant vaut de l’or. Il faut savoir qu’autrefois, le marché du disque représentait environ les trois quarts des revenus des musiciens, et les spectacles environ le quart. Aujourd’hui, à l’heure de la digitalisation, la situation s’est radicalement inversée. Avec les partages de fichiers, les titres, aussitôt sortis, sont à la portée de tous toutes les oreilles disponibles et quasi gratuitement sur smartphones et tablettes.

Un nouveau single devient le produit d’appel d’un futur spectacle vendu à prix d’or. Le répertoire étant désormais accessible quasiment en illimité et en libre accès, l’artiste ne compte désormais plus que sur la scène pour vivre dignement de son métier. C’est l’occasion pour lui de vendre cher sa peau, pour ne pas dire ses cordes vocales, à ceux qui peuvent en payer le prix. Partout dans le monde, les prix des billets ont sérieusement grimpé. C’est donc le cas chez nous aussi. Mais encore surtout faudrait-il que le contenu de la prestation soit à la hauteur de la sollicitation des portefeuilles de ceux qui en ont les moyens. Il est à éviter aussi que des clébards mordent à nouveau des spectateurs ou des managers, comme on a pu récemment le noter à l’occasion du très prisé spectacle d’un certain DADJU.

PARUTION 155
BERTIN COOVI, l’excentrique heureux

Il faut de tout pour faire un monde. C’est probablement ainsi que, par dépit, on peut juger le caractère extravagant de certains acteurs de la scène publique. Il y en a particulièrement un qui a défrayé récemment la chronique en s’autorisant un geste vulgaire et civiquement impudique : s’afficher sur les réseaux sociaux avec de nombreuses liasses de billets de francs CFA. On serait tenté de songer à braqueur exposé par la police devant les caméras face au butin de son « opération ». N’eurent été le luxe des lieux, le rictus de l’homme et sa mise assez soignée.

Selon des observateurs il s’agirait d’un lot de vingt-huit liasses constituées chacune d’un million de francs CFA. De belles et tentantes coupures de dix mille francs. Au total, pour ce qui était visible sur le plan de la pause, il s’agissait vraisemblablement d’une coquette somme d’environ 28 millions de francs CFA. De quoi rêver, par ces temps de cherté du maïs et du poisson. Le sommet de l’incongruité, c’est que notre exposant « friqué » s’était permis d’arborer un tee-shirt siglé des initiales du Premier Magistrat de la Nation. Ni plus ni moins qu’un attentat à la morale publique et à la dignité. Voilà donc l’un derniers exploits médiatiques d’un homme dont on ne sait s’il est un activiste, un politique ou un amuseur de galerie qui a réussi plus ou moins à se faire un nom dans le landerneau médiatico-politique béninois. Surtout grâce aux réseaux sociaux, ces dernières années. Une espèce de Général Camille MAKOSSO de la politique béninoise. Pour le commun des Béninois, le nom de Bertin KOOVI SEGBOWE, alias Chabi Wouro Boukoukpin, s’est plus ou moins révélé au grand public à l’occasion des élections présidentielles de mars 2016 où il figurait parmi les quarante-huit candidatures validées pour le premier tour. Crédité de 11.292 voix pour un score de 0,37 %. Devenu un opposant virulent au régime de la Rupture, il se distingue par le caractère folklorique de ses prises de positions.

Pendant quatre ans, le prétendu « spécialiste de l’économie fondamentale » découvre la rudesse de la prison et de l’exil, entre Malabo et des destinations clandestines. Poursuivi par un mandat d’arrêt à partir du 17 Mai 2019 pour incitation à la haine et à la violence, il finit par annoncer son retour au pays afin de faire campagne pour la réélection du Président Talon. Puis le 23 Mars dernier il annonce sur sa page Facebook : « Je suis rentré à Cotonou et libre de mes mouvements ». Et à l’Iroko d’ajouter : « Que Talon me permette au moins de finir de travailler pour sa réélection. Par la suite, il pourra me mettre en prison. Je suis tout simplement heureux d’être de retour et je peux vous dire que je suis sur la liste de ceux qui sont recherchés par la CRIET ou je ne sais quoi. Je suis prêt à répondre devant la justice. Mais ce que je demande au Président TALON, c’est qu’il me permette au moins de finir de travailler pour sa réélection. Par la suite il pourra me mettre en prison, si c’est ce qu’il veut ».

Il est reçu par le Président de la République. Bel exercice de séduction politique de la part de ce prétendu « Commandant en Chef » dont on ne connaît rien des troupes. Peu après avoir tenu ces propos aux accents de réconciliation, Bertin KOOVI a invité à mots couverts un célèbre opposant en exil à faire allégeance au Président de la République pour se donner la possibilité de rentrer au pays. D’aucuns peuvent estimer que Chabi WOURO a habilement trouvé « la voie de la sagesse patriotique» en faisant amende honorable afin de bénéficier de la clémence du pouvoir. Mais l’indécence, voire l’inconscience de son geste qui a consisté à se pavoiser avec une folle tune, sur la toile, peut gêner aux entournures en haut lieu.

Attention à ne pas en payer le prix un beau jour.

PARUTION 154
Vaccins anti Covid-19 : Entre doutes et certitudes

La plus grande crise sanitaire de notre génération n’a pas fini de faire parler dans les palais comme dans les chaumières. Encore moins dans les laboratoires universitaires et pharmaceutiques. Une vraie guerre non conventionnelle, sans armes à feux ni ligne de front visible mais qui par la force de sa terreur et des effets de l’information ou de la communication, nous aura donné, au plus fort de son impact, le funeste sentiment d’être tous véritablement en danger de mort. Comme devaient l’avoir connu sans doute les générations d’antan à l’époque des grandes conflagrations mondiales, ou même nos contemporains dans les pays tourmentés par des conflits armés. Ce sentiment funeste de pouvoir être à tout moment, de jour comme de nuit, par un déplacement malheureux, voire même dans son lit, la cible d’une balle fut-elle perdue.

En 18 mois, le monde a connu 188.000.000 de cas de Covid et 4.000.000 de morts, soit 20% du bilan de la première guerre mondiale qui de 1914 à 1918 décimé 20.000.000 de personnes. En tête des pays qui ont payé le plus lourd tribut à ce virus inattendu figure les Etats-Unis, première puissance mondiale aux 34.000.000 de Cas et 607.000 victimes, suivis par l’Inde, 31.000.000 de cas et 413.000 morts. En Europe, la France compte à ce jour, près de 6.000.000 de cas et plus de 110.000 morts, et l’Italie, 4.000.000 de cas et près de 130.000 décès.

Alors qu’une véritable hécatombe lui avait été pronostiquée vers mars et avril 2020, notre continent l’Afrique a été relativement épargné par la terreur de la pandémie.

PARUTION 149
LE PLP ENTRE DANS LA MOUV’DANSE

« Il n’est jamais trop tard pour bien faire ». Diront les mécréants. « Quelle honte, quel sacrilège, une énorme trahison », grommelleront les furieux. Mais c’est une page de l’opposition politique au pouvoir de Agbonnon qui se tourne, du moins au travers de son incarnation la plus juvénile.

Les voilà désormais dans l’antre du «mangement» présidentiel. Pour le meilleur et non pour le pire. Ce n’était pas gagné d’avance. Cinq ans plus tôt, Avril 2016 passé, l’ancien journaliste Léonce HOUNGBADJI, communicant influent de la mouvance présidentielle sortante et proche du Premier ministre candidat, Lionel ZINSOU, se faisait fort de flécher à tout va le régime du nouveau départ. Faisant preuve de culot et de ténacité, voire même témérité, il lança dès Aout 2016 le Parti pour la Libération du Peuple (PLP).

A 34 ans à peine, sans envergure politique, ni même une réelle notabilité sociale, il eut le cran de se poser clairement comme un opposant véhément au régime qui s’annonçait fort du Président Agbonnon. Forçant même un certain respect auprès des observateurs de la vie politique béninoise et de l’opinion publique, loin de s’imaginer qu’un homme si jeune et si fluet pouvait être capable d’une telle audace politique, allant même jusqu’à observer une grève de la faim pour soutenir des médias en difficultés. Evidemment sans résultat.

En février 2018, dans une interview à l’hebdomadaire Jeune Afrique, il décrit avec des mots épicés sa perception du régime en place : « Aujourd’hui, critiquer l’action gouvernementale devient un délit sévèrement sanctionné (….) Depuis le 6 avril 2016, des mesures urgentes exceptionnelles sont prises pour restreindre les libertés individuelles »

Huit mois plus tard, soit en Octobre 2018, il s’exile en France et dénonce sur les réseaux sociaux : « Le 19 octobre 2018, j'ai échappé à un enlèvement orchestré par le pouvoir Trois véhicules rodaient autour de ma maison durant toute la journée. Dans l'après-midi, deux des véhicules ont garé juste après ma maison. J'ai constaté plus tard que le troisième véhicule a été garé vers le terrain de sports du quartier. Vers 17h 40, les deux véhicules stationnés juste après ma maison ont changé de position. (…) J'ai fait le point de la situation à un diplomate étranger qui m'a rappelé 13 mn plus tard pour me demander de quitter les lieux avant qu'il ne soit trop tard. »

Depuis bientôt trois ans donc, en compagnie d’autres personnalités du régime précédent que le nouveau pouvoir considère comme ayant déserté le territoire national pour se soustraire à la justice, il anime depuis l’exagone une opposition virulente contre la gouvernance de la rupture.

Sur le terrain, les autres membres tiennent la barque du PLP tant bien que mal. Le coup de théâtre de cette mini-épopée politique est intervenu le week-end dernier avec cette démission collective des membres du Bureau politique et de tous les militants du PLP. Direction : la mouvance présidentielle au travers de l’Union pour le Développement d’un Bénin Nouveau de Claudine Afiavi PRUDENCIO.

Selon le sieur Cécil Adjévi, Secrétaire Général du PLP et Porte-parole du groupe, « La vision et les idéaux de l’Udbn que nous avons passé du temps à observer dans ses combats, concordent bien avec nos valeurs et celles prônées par le chef de l’Etat. Nous nous retrouvons bien dans le combat pour la promotion des jeunes et surtout de la gent féminine ».

Cette nouvelle séquence politique intervient quelques jours après la formation du gouvernement 1 de Talon 2 dont on a pu observer l’ouverture politique vers les rives de la Seine. L’ossature locale du PLP vient de lever le drapeau blanc de la paix face au régime du Président Talon, avec comme marraine, la protégée d’un ancien président de la fin des années 60, connu pour sa rigueur et dont d’aucuns estiment que l’actuel locataire de la Marina est en réalité un héritier politique lointain. Léonce Houngbadji serait-il lui-même en route vers la mouvance? Pourquoi pas ! Eh ben pourquoi pas Sans doute sur un air de Zinli.

PARUTION 148
Le Ministre Vétérinaire et le Syndicalisme ROCOCO

Qu’il est terrifiant d’entendre un haut dirigeant politique s’embourber dans une excuse, qui sonne comme un aveu d’incompétence, ou tout au moins comme une erreur de communication !

« Que j’aie eu une gestion hasardeuse du personnel, C’est possible. Je ne m’y connais pas. Je n’ai pas fait gestion du personnel. Je suis un vétérinaire » a répondu, du tac au tac, mercredi 26 mai 2021, le ministre sortant de l’intérieur, Son altesse Sacca Lafia, au représentant du personnel, avant même que celui-ci eût achevé son discours.

Le défenseur des intérêts du personnel civil du Ministère n’avait pas mâché ses mots pour lui asséner une vérité brutale. Peut-être la sienne. Mais froide et revancharde : «Les travailleurs (civils) garderont le souvenir de la gestion parfois hasardeuse du personnel, à la limite discriminatoire, foulant aux pieds les règles d’impartialité qui caractérisent la fonction publique », a lancé le syndicaliste, acerbe derrière sa bavette noire anti-Covid-19. La Vérité réelle ? Comment le savoir exactement ?

Que ces propos soient fondés ou pas, la réaction du ministre en fin de mission paraissait pour le moins curieuse et empreinte de naïveté communicationnelle. Pour un responsable politique qui venait d’achever un séjour de 5 ans, un mois et 20 jours, un record de longévité à la tête dudit ministère, selon ses propres aveux, cette bourde n’était pas à la hauteur de ce parcours qui s’achevait.

Quand on y ajoute le fait que le Sacca LAFIA a déjà été ministre pendant plusieurs années dans une autre vie, chef de parti politique et plusieurs fois député à l’Assemblée nationale, on reste interloqué.

Quelle que soit sa formation de départ, un responsable politique de haut niveau, est avant tout un meneur d’hommes. S’il n’est pas spécialiste des ressources humaines et ne sait donc pas faire appel à son bon sens et à son leadership pour gérer au mieux ses recrutements et ses équipes, ne lui était-il pas tout au moins possible de s’enrichir des conseils d’un spécialiste compétent en la matière? C’est la moindre des choses.

Qu’est donc allé faire le cher vétérinaire Sacca LAFIA en politique, et comment a-t-il pu réussir ce parcours qui l’a mené jusqu’au mérite de la récente reconnaissance suprême de «Grand-Croix » de l’Ordre National du Bénin, alors qu’il ne se savait capable que de soigner des animaux? Curieux !

Au regard des images de la cérémonie de passation de charges, le ministre sortant et futur membre du Conseil Electoral, paraissait toutefois très sincère dans son expression, voire dans sa gestuelle. Tellement franc dans son propos qu’on est tenté de croire qu’il ne s’agissait guère d’une fuite en avant ou d’un humour animalier.

Mais la corporation des vétérinaires, n’aura, pour autant, aucune raison d’en vouloir à cet illustre collègue. Autant passionnés de faune que de chasse politique, nombre d’entre eux ont eu l’occasion d’occuper des responsabilités et se sont mieux appliqués ou défendus en matière de gestion des humanoïdes.

A l’attention de l’ancien « Premier flic » du Bénin, ou des futurs ministres sortis, en mal d’arguments devant l’impertinente témérité d’un syndicaliste, voici, selon le DDJ, des éléments de langages mieux appropriés en de pareilles circonstances. De bonne ou de mauvaise foi, dites ceci : «Monsieur le représentant des syndicalistes, je vous ai écouté, et je vous remercie pour vos observations, même si elles viennent un peu tardivement, puisque je suis en train de partir. Il n’y a pas d’œuvre humaine parfaite, mais si elles sont justifiées j’aurais préféré que vous me fassiez ces observations en temps utile. Toutefois nous n’allons pas polémiquer.

Je remercie d’avance le nouveau ministre de sa bienveillance à corriger des erreurs éventuelles, et surtout de faire encore mieux que ce que j’ai pu faire pour que les représentants des syndicats n’aient pas à tenir encore de tels propos dans quelques années. Je vous remercie ».Ne nous remerciez surtout pas. Ça nous énerve !